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Les chiffres sont souvent plus parlants que les longs discours. C’est pourquoi je vous propose dans cette partie de revenir sur ce mois de janvier 1996 à travers : le cumul mensuel (cumuls souvent importants mais prenant un caractère exceptionnel uniquement dans les Cévennes, sur le piémont et près du Vidourle), la valeur maximale de pluie recueillie en 24h (valeurs courantes), et surtout le nombre de jours de pluie avec un cumul supérieur à 1mm, 10mm et 40mm (et là les valeurs sont réellement exceptionnelles, autant en plaine qu’en montagne) observés dans les stations de Météo France.
Pour cela je vais prendre en référence une vingtaine de postes : Arphy, Bellegarde, Chusclan, Cavillargues, Lasalle, Le Grau du Roi, Mt Aigoual, Lussan, Malons et Elze, Nimes Mas de Ponge, Nimes Courbessac, Pont St Esprit, Pompignan, Sabran, La Rouvière, Générargues, Générac, Le Vigan, Tresques et Sumène.
Tout d’abord les données chiffrées sous forme de tableau, les cartes illustrant ces données clôturant ce dossier.
Pour tous les autres postes où les records ne sont pas battus, l’année 1996 se classe au deuxième ou troisième rang des années les plus pluvieuses et très proches des records.
L’année 2002 verra cependant tomber un bon nombre de ces records (à suivre dans un prochain dossier).
Postes Cumul mensuel Cumul maxi en 24h Jours avec +1mm +10mm +40mm :
Villes / Villages |
Cumul mensuel |
Cumul maxi en 24h |
J + 1mm |
J + 10mm |
J + 40mm |
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198.1 |
33.7 |
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208 |
55 |
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1 |
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269.7 |
53.6 |
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1 |
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186.1 |
32.3 |
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0 |
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495 |
118 |
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5 |
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206.6 |
35.8 |
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0 |
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223.2 |
46.6 |
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1 |
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249.6 |
54.3 |
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1 |
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233.5 |
34.4 |
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0 |
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702 |
91 |
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8 |
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198.3 |
44.8 |
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1 |
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656 |
144 |
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6 |
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226.5 |
34.1 |
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0 |
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181.4 |
34.8 |
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0 |
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1009.5 |
190 |
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10 |
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220.5 |
51.5 |
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1 |
On constate donc que les cumuls sont importants dans les plaines gardoises (ils dépassent partout les 150mm, même en Petite Camargue !), exceptionnels près des Cévennes (parfois plus de 1000mm sur l’Aigoual et le Linguas) avec plusieurs épisodes de fortes pluies (laissant plus de 40mm en 24h), 8 à 10 jours sur les premiers contreforts (Arphy et Malons et Elze, postes de moyenne altitude), 6 à 8 jours sur le piémont, pas plus d’un jour en plaine. Le nombre de jours avec des cumuls supérieurs à 10mm est important dans le Gard rhodanien (5 à 9 jours), exceptionnel ailleurs (8 à 10 jours des côtes aux Costières et au bassin alésien, près d’un jour sur deux dans les Cévennes). Le nombre de jours avec pluie significative (>1mm) traduit bien ce qu’a été ce mois : humide du début à la fin ! Une quinzaine de jours près du Rhône, ce qui est déjà remarquable, 23 à 25 jours dans les Cévennes.
Quelques cartes pour pouvoir visualiser plus précisément les données citées précédemment :




Conclusion :
Les extrêmes sont une composante essentielle du climat méditerranéen. Ainsi, aux périodes de sécheresse extrême qui sévissent chaque année (ou presque) en période estivale peuvent succéder des semaines très agitées, où les pluies torrentielles semblent ne plus vouloir s’arrêter. La période automnale est la plus propice à ce genre de situation.
Le caractère exceptionnel de ce mois de janvier 1996 n’en prend donc que plus de relief. En contre partie rien d’étonnant à ce que ce mois ait été doux et la neige absente en plaine. Pour obtenir des valeurs annuelles « records » ce mois seul n’aurait pas été suffisant : si des records sont tombés c’est parce que l’automne 1996 a lui aussi été bien arrosé. Le déficit pluviométrique qui s’accentue depuis quelques années (depuis l’année 2002 exceptionnellement arrosée en fait) prendra fin une année ou l’autre ! Et puis, plus on attend et plus on se rapproche du prochain « gros » épisode de pluie … rendez-vous en septembre ? Qui sait ?
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