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Les fortes pluies dans le Gard en 1996  
  Pour la période du 21/01/2006 au 23/01/2006  

En ces temps de sécheresse chronique, rien de tel qu’un plongeon dans un passé (relativement) récent pour se ressourcer. S’il est bien un mois mémorable en terme de précipitations dans le Gard, c’est bien ce mois de janvier 1996 (un peu à l’image de l’année d’ailleurs). Certes, depuis d’autres mois pluvieux ont été enregistrés, le mois de septembre 2002 pulvérisant même de nombreux records (en terme de cumuls) suite au dramatique épisode des 8 et 9 septembre.

Pourquoi donc insister sur ce mois de janvier 1996 ? Parce qu’il reste remarquable de par la persistance d’un temps humide du début à la fin, aussi bien près des côtes et en plaine qu’à proximité du relief cévenol (où, bien entendu, les plus gros cumuls ont été enregistrés).
Ainsi, plutôt que de revenir sur la pluviométrie du premier mois  de l’automne 2002 (encore très présent dans nos esprits, qui fera l’objet d’un autre dossier), j’ai choisi de me pencher sur le mois de janvier 96, peut-être oublié par beaucoup.


Avant d’être supplantée par 2002, cette année 96 allait en outre établir de nombreux records pluviométriques, en grande partie dus aux épisodes pluvieux du début d’année. Ce dossier va s’appuyer sur de nombreuses données chiffrées (valeurs des postes de Météo France), quelques cartes personnelles venant le compléter.

1996, chronique d’une année très arrosée !  
 

Le 26 janvier au soir le ciel a commencé a se charger par l'EST, par l'arrivé de la perturbation sur la région PACA.

C’est sous des trombes d’eau que débute l’année 1996. Le mois de janvier s’avère excessivement pluvieux sur tout le département et l’on enregistre des records sur quasiment tous les points de mesure. Des valeurs stupéfiantes sont relevées au Mt Aigoual (1075mm) et au Vigan (1046mm) ; d’autres postes cévenols franchissent la barre des 1000mm. Ce mois de janvier donne le ton pour le restant de l’année bien qu’heureusement de telles valeurs ne se renouvellent pas. Toutefois les mois qui suivent ont tendance à se ressembler, c’est à dire plus pluvieux que la normale à deux exceptions près (mai et octobre). Novembre et décembre terminent l’année avec de très fortes valeurs encore et de nombreux records. L’année 1996, placée sous le signe de la pluie, voit les cumuls gardois s’échelonner entre 839.7mm à St Laurent d’Aigouze et 3521.2mm au Mt Aigoual. De nombreux records sont battus, dont voici la liste : en italique : cumuls de l’année 1996 ; entre parenthèses : les anciens records et l’année.

Villes / Villages
cumuls de l’année 1996 

anciens records / l’année.

Alzon

2394.8mm

(2322.3mm en 1972)

Bouillargues

1208.6mm

(1115.7mm en 1976)

Générac

1165.0mm

(1121.4mm en 1976)

Génolhac

2832.9mm

(2699.0mm en 1976)

Malons

2674.5mm

(2665.4mm en 1984)

Meynes

1212.5mm

(1149.0mm en 1972)

Montclus

1369.9mm

(1300.0mm en 1963)

Remoulins

1128.0mm

(1099.2mm en 1972)

La Rouvière 

1373.3mm

(1227.3mm en 1972)

St André de Valborgne 

2518.7mm

(2274.2mm en 1976)

St Jean du Gard 

2336.8mm

(2317.2mm en 1976)

Tresques

1212.7mm

(1157.1mm en 1977)

Trêves

1924.9mm

(1445.2mm en 1969)

Le Vigan 

2846.6mm

(2407.8mm en 1972)

Villevieille

1244.7mm

(1229.4mm en 1972)

Pour tous les autres postes où les records ne sont pas battus, l’année 1996 se classe au deuxième ou troisième rang des années les plus pluvieuses et très proches des records.

L’année 2002 verra cependant tomber un bon nombre de ces records (à suivre dans un prochain dossier).

En ces temps de sécheresse chronique, rien de tel qu’un plongeon dans un passé (relativement) récent pour se ressourcer. S’il est bien un mois mémorable en terme de précipitations dans le Gard, c’est bien ce mois de janvier 1996 (un peu à l’image de l’année d’ailleurs). Certes, depuis d’autres mois pluvieux ont été enregistrés, le mois de septembre 2002 pulvérisant même de nombreux records (en terme de cumuls) suite au dramatique épisode des 8 et 9 septembre. Pourquoi donc insister sur ce mois de janvier 1996 ? Parce qu’il reste remarquable de par la persistance d’un temps humide du début à la fin, aussi bien près des côtes et en plaine qu’à proximité du relief cévenol (où, bien entendu, les plus gros cumuls ont été enregistrés).


Ainsi, plutôt que de revenir sur la pluviométrie du premier mois  de l’automne 2002 (encore très présent dans nos esprits, qui fera l’objet d’un autre dossier), j’ai choisi de me pencher sur le mois de janvier 96, peut-être oublié par beaucoup.
Avant d’être supplantée par 2002, cette année 96 allait en outre établir de nombreux records pluviométriques, en grande partie dus aux épisodes pluvieux du début d’année. Ce dossier va s’appuyer sur de nombreuses données chiffrées (valeurs des postes de Météo France), quelques cartes personnelles venant le compléter.

Carte des cumuls pluviométriques annuels dans le Gard (année 1996) :

 
Janvier 1996, un mois exceptionnellement humide !!  
 

Les chiffres sont souvent plus parlants que les longs discours. C’est pourquoi je vous propose dans cette partie de revenir sur ce mois de janvier 1996 à travers : le cumul mensuel (cumuls souvent importants mais prenant un caractère exceptionnel uniquement dans les Cévennes, sur le piémont et près du Vidourle), la valeur maximale de pluie recueillie en 24h (valeurs courantes), et surtout le nombre de jours de pluie avec un cumul supérieur à 1mm, 10mm et 40mm (et là les valeurs sont réellement exceptionnelles, autant en plaine qu’en montagne) observés dans les stations de Météo France.

Pour cela je vais prendre en référence une vingtaine de postes : Arphy, Bellegarde, Chusclan, Cavillargues, Lasalle, Le Grau du Roi, Mt Aigoual, Lussan, Malons et Elze, Nimes Mas de Ponge, Nimes Courbessac, Pont St Esprit, Pompignan, Sabran, La Rouvière, Générargues, Générac, Le Vigan, Tresques et Sumène.

Tout d’abord les données chiffrées sous forme de tableau, les cartes illustrant ces données clôturant ce dossier.

Pour tous les autres postes où les records ne sont pas battus, l’année 1996 se classe au deuxième ou troisième rang des années les plus pluvieuses et très proches des records.

L’année 2002 verra cependant tomber un bon nombre de ces records (à suivre dans un prochain dossier).

Postes  Cumul mensuel Cumul maxi en 24h Jours avec +1mm  +10mm +40mm :

Villes / Villages
Cumul mensuel
Cumul maxi en 24h
J + 1mm

J + 10mm

J + 40mm

Sumène

623.2 

99 

23 

16 

7

Tresques

198.1 

33.7 

14 

8

0

Générac

208

55

18

5

1

La Rouvière

269.7 

53.6

20

9

1

Sabran

186.1 

32.3 

15

7

0

Pompignan

495

118

22

12

5

Pont St Esprit 

206.6 

35.8 

16

9

0

Nîmes Courbessac 

223.2 

46.6 

16

8

1

Nîmes Mas de Ponge 

249.6 

54.3 

16

10

1

Lussan

233.5 

34.4

20

8

0

Malons et Elze  

702

91

24

15

8

Le Grau du Roi 

198.3 

44.8 

16

8

1

Lasalle

656

144

23

14

6

Cavillargues

226.5 

34.1

16

9

0

Chusclan

181.4 

34.8

16

5

0

Arphy

1009.5 

190

25

15

10

Bellegarde

220.5 

51.5

17

7

1

On constate donc que les cumuls sont importants dans les plaines gardoises (ils dépassent partout les 150mm, même en Petite Camargue !), exceptionnels près des Cévennes (parfois plus de 1000mm sur l’Aigoual et le Linguas) avec plusieurs épisodes de fortes pluies (laissant plus de 40mm en 24h), 8 à 10 jours sur les premiers contreforts (Arphy et Malons et Elze, postes de moyenne altitude), 6 à 8 jours sur le piémont, pas plus d’un jour en plaine. Le nombre de jours avec des cumuls supérieurs à 10mm est important dans le Gard rhodanien (5 à 9 jours), exceptionnel ailleurs (8 à 10 jours des côtes aux Costières et au bassin alésien, près d’un jour sur deux dans les Cévennes). Le nombre de jours avec pluie significative (>1mm) traduit bien ce qu’a été ce mois : humide du début à la fin ! Une quinzaine de jours près du Rhône, ce qui est déjà remarquable, 23 à 25 jours dans les Cévennes.

Quelques cartes pour pouvoir visualiser plus précisément les données citées précédemment :

Conclusion :

Les extrêmes sont une composante essentielle du climat méditerranéen. Ainsi, aux périodes de sécheresse extrême qui sévissent chaque année (ou presque) en période estivale peuvent succéder des semaines très agitées, où les pluies torrentielles semblent ne plus vouloir s’arrêter. La période automnale est la plus propice à ce genre de situation.

Le caractère exceptionnel de ce mois de janvier 1996 n’en prend donc que plus de relief. En contre partie rien d’étonnant à ce que ce mois ait été doux et la neige absente en plaine. Pour obtenir des valeurs annuelles « records » ce mois seul n’aurait pas été suffisant : si des records sont tombés c’est parce que l’automne 1996 a lui aussi été bien arrosé. Le déficit pluviométrique qui s’accentue depuis quelques années (depuis l’année 2002 exceptionnellement arrosée en fait) prendra fin une année ou l’autre ! Et puis, plus on attend et plus on se rapproche du prochain « gros » épisode de pluie … rendez-vous en septembre ? Qui sait ?

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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