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Episode méditerranéen du 15 au 18 Août 2006 |
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Cet épisode toucha principalement le nord du Gard, l'Ardèche et la Drôme. Météo-France avait émis une vigilance orange pour ces départements. |
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Deux évènements ont retenu mon attention, séparés de seulement quelques heures, sous la forme de phénomènes orageux marqués, mais de signatures différentes.
Les bassins d’Alès et de la Cèze ont été le théâtre « privilégié » (j’entends pour un passionné de météo) d’un orage en « V » dans la nuit du 16 au 17, puis d’une probable ligne de grains en fin soirée du 17 (phénomène de « mini-tornade » relaté dans le midi-libre sur St Christol les Ales). |
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Le système en forme de « V » à propagation rétrograde qui naquit en soirée du 16 pris comme point d’ancrage le centre nord du Gard, produisant les plus importantes lames d’eau dans le secteur de Méjannes le Clap avec environ 180mm en quelques heures. |
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En aparté, et 24h auparavant, un somptueux MCS pris naissance dans les parages de Barcelone puis glissa en mer, en marge d’orages plus modestes qui arrosèrent nos régions. |
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Contexte synoptique |
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I) Nuit du 16 au 17.
 La simulation numérique (du moins la prévision déterministe dont nous disposons gratuitement sur le net) a montré ses limites dans ce contexte d’instabilité convective de méso-échelle.
A y regarder de plus près, le recoupement d’indicateurs favorables trahissait bien une probabilité importante de précipitations orageuses, mais qu’un petit amas cellulaire s’organise entre le Lunellois et le Vaunage en cours de soirée et aille jusqu’à dégénérer en structure stationnaire organisée en « V », il y a un pas que seul un maillage très fin de la modélisation pouvait anticiper.
La preiso en surface à 20h est trop peu explicite :un talweg de courte longueur d’onde remonte dans le flux de SW que pilote la dépression principale au large de la Bretagne, un FF vieilli aborde les côtes atlantiques.
Un minimum relatif apparaît en Catalogne.
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La PREISO du Met Office fournit un complément d’information : un front dédoublé, trace d’un ancien FF pris dans une circulation lente, traverse le SO, mais il est précédé d’une perturbation de tropopause signalée par le trait continu à l’aplomb du massif central, signe d’une probable réactivation convective. |

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A 850hPa, la circulation est déjà plus dynamique, le cisaillement est présent, et surtout, une advection de thêta’w à 16° remonte vers nos côtes.
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On retrouve bien à 00 UTC des valeurs de thêtaE élevée advectée en vallée du Rhône et un gradient « conflictuel » sur l’E du massif central. |

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L’énergie convective disponible n’est pas exceptionnelle, le réservoir de CAPE se trouve au large du littoral provençal lorsqu’ont débuté les 1ères fortes averses accompagnées d’orages.

En revanche, le RS de l’après midi contient des indices exploitables. Outre le cisaillement de vents, une 1ère couche sèche coiffe des basses couches plus humides, puis une autre très marquée vers 600hPa.
Le rôle de ces tranches d’air sec en moyenne atmosphère est primordial dans les processus de convection organisée.
L’évaporation des précipitations participe au refroidissement et à l’intensification de courants de densité sous orage, en forçant les flux humides à se soulever et à générer de nouvelles cellules sur le bord d’attaque de ces courants de densité.
Elle confère ainsi à la stationnarité du système.
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Contexte synoptique (partie 2) |
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[II] Le 17 en fin de soirée
Voici ce que relatait un article du midi-libre dans l’édition du 19 :
La mini-tornade frappe Coudène et la cave. Mais qu'est-ce que le ciel a donc contre Coudène ? Dans la nuit de jeudi à vendredi, la célèbre entreprise agroalimentaire de Saint-Christol-lez-Alès a été frappée par une mini tornade. Elle qui avait déjà déménagé après des inondations à répétition pour s'installer à côté de la cave coopérative.
Le phénomène a été très localisé, ne touchant que quelques quartiers de la commune pendant moins de 5 minutes. Il a également été constaté sur Bessèges, Barjac, Courry et surtout Robiac, où les dégâts ont été plus importants (lire ci-dessous). Les précipitations (seulement 7 mm d'eau) s'accompagnaient d'un vent particulièrement fort.
Chez Coudène, un vent extrêmement violent a touché l'entreprise vers minuit, soulevant les rebords du toit avant de s'engouffrer à l'intérieur. Les faux plafonds ont été malmenés dans plusieurs salles ainsi que des hublots de lumière sur le toit et des extracteurs. Une porte de secours a été arrachée et projetée sur la toiture. L'outil de production n'a pas été touché.
Juste à côté, la cave coopérative s'est retrouvée également sur le passage de la mini tornade. Le marronnier sur le parking a été à moitié arraché ainsi que les deux grands portails roulants en fer du caveau. Celui de l'arrière a cédé en premier, scellant le sort du second qui n'a guère tenu plus longtemps sous les assauts du vent.
Sur le toit, 200 m2 de tuiles ont été arrachés ou déplacés. « On commence les vendanges dans dix jours, nous n'avions vraiment pas besoin de ça. Surtout avec le prix du vin actuellement », explique Christian Lasch, vigneron et membre du conseil d'administration. « Il nous faut absolument mettre la cave hors d'eau avant que la récolte démarre. » Dans la nuit, vingt pompiers d'Alès sont restés sur Saint-Christol jusqu'à 4 h 30 pour sécuriser les maisons touchées. Une cinquantaine d'habitations avait en effet des tuiles plus ou moins arrachées. " Hier, une dizaine de particuliers a déclaré un sinistre en mairie en vu d'une éventuelle reconnaissance en catastrophe naturelle. "
La situation en cette fin de soirée est pilotée par le passage ultra rapide d’une perturbation de tropopause.
On voit sur ces deux images avec quelle rapidité a circulé l’anomalie de TP sur l’isentrope 330k entre 18 UTC et 00 UTC, passant du Portugal aux Alpes en 6h de temps, le plus fort gradient de géopotentiel de la tropopause dynamique passant à l’aplomb du Gard en début de nuit.
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| A 300hPa, le rapide de jet est bien en corrélation avec le fort gradient de cette anomalie, et le département s’est retrouvé peu avant 00 UTC en sortie gauche de ce jet, zone particulièrement propice à de puissantes ascendances. |
L’advection de tourbillon à 300hPA est remarquable et confirme le dynamisme d’altitude. |
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| A 500hPa, le déphasage entre isohypses et isothermes (baroclinie) est net et maximal avec l’enfoncement d’air froid à –15° dans les cieux gardois. |
Comme si cela ne suffisait pas, le phasage avec des advections de thêta’w élevées en basses couches a surintensifié la convection juste à l’avant du FF.
Ici, une poche à 18° en pseudo à 850hPa quelques heures auparavant. |
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Le contexte était particulièrement explosif ce soir là, mais la rapidité du flux a empêché la persistance de phénomènes violents.
J’ai souvenir de la formation d’un arcus entre 23h et 00h puis de fortes rafales froides de NW, mais de peu de précipitations.
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Cartes extraites de Météo60, Wetter3, Météocentre.
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